En quoi consiste votre métier ?

La profession d’ergothérapeute est réglementée par le Code de la Santé Publique (L4331-1 et R4331-1)
L’objectif de notre profession est de maintenir, de restaurer et de permettre les activités des personnes de manière sécurisée, autonome et efficace.
L’ergothérapeute doit prévenir, réduire ou supprimer les situations de handicap en tenant compte des habitudes de vie des personnes et de leur environnement social, familial ou encore professionnel.
L’ergothérapie permet aux personnes de résoudre les problèmes qui leur empêchent d’accomplir les activités qui leur sont importantes.

Quelle a été votre formation ?

La formation d’ergothérapeute est inscrite dans le système universitaire Licence-Master-Doctorat (LMD) : une partie des cours est assurée par des enseignants universitaires et l’autre partie par des professionnels. Le diplôme d’état (DE) d’ergothérapeute est obtenu au bout de trois années d’étude avec obtention du grade de Licence.
La majorité des étudiants doivent d’abord réaliser une année de préparation au concours d’admission à l’institut de formation après le baccalauréat.
J’ai ensuite suivi des formations tout au long de ma carrière, notamment, dans le domaine de la gériatrie.

Auprès de quel type de personnes intervenez-vous ?  

Les ergothérapeutes interviennent auprès de toutes les personnes qui présentent une situation de handicap ponctuelle ou chronique. Il peut donc s’agir d’enfants, d’adultes ou encore des personnes âgées. Je me suis rapidement orienté dans le domaine de la gériatrie puis de l’aménagement du domicile pour les personnes en situation de handicap.

Quelles aides apportez-vous aux personnes faisant appel à vous ?

Si une blessure, une maladie, une déficience ou un autre problème de santé empêche la personne d’effectuer ses soins personnels (toilette, habillage,…), de se déplacer, de communiquer, de se divertir, de travailler ou encore de réaliser toutes les tâches qui lui sont propres, alors l’ergothérapeute doit trouver des solutions pour relever les problématiques du quotidien, faire disparaître les obstacles et permettre à cette personne d’agir, de retrouver son rôle social et ainsi de mener une vie satisfaisante. Les moyens pour y parvenir sont différents d’un domaine d’intervention à un autre, que l’on exerce en centre de rééducation ou pour aménager un domicile.

Dans quel cadre exercez-vous votre métier ?

La majorité des 11000 ergothérapeutes exercent en salariat en structures (centres de rééducation, hôpitaux, Foyers d’accueil spécialisé, EHPAD,…) ou à domicile (Equipe spécialisée Alzheimer, Réseau de soins,…). De plus en plus d’entre nous s’installent en exercice libéral. Cette pratique reste encore trop méconnue.

Etes-vous en contact avec d’autres professions ?

Nous travaillons effectivement en collaboration étroite avec tous les autres intervenants médicaux (médecins généralistes, spécialistes), paramédicaux (kinés, orthophonistes, infirmières,…) ou sociaux. Ce travail pluri-professionnel est indispensable à la bonne prise en charge des personnes.

De quelle manière vos patients font-ils appel à vous?

Les actes de l’ergothérapeute sont soumis à la prescription médicale. Les patients sont donc orientés vers nous par leur médecin ou tout autre professionnel intervenant auprès de celui-ci.
A domicile, c’est un petit peu différent. Les actes concernant les conseils d’aides techniques, les conseils d’aménagement de domicile ou de lieux de vie ou lieux de travail, les expertises ne relèvent pas de la prescription médicale. Pour ces activités, les personnes peuvent nous contacter directement. Les Centres Locaux d’Information et de Coordination, les CCAS, ou encore certaines caisses de retraites, orientent les bénéficiaires vers les ergothérapeutes pour évaluer les besoins à domicile.

Y a-t-il une organisation qui œuvre pour apporter de meilleures conditions à votre profession?

A ce jour, nous n’avons pas encore d’Ordre des Ergothérapeutes. Les ergothérapeutes fondent leurs pratiques sur « le code d’éthique » international. Nous sommes également représentés auprès des instances ministérielles par l’Association Française Nationale des Ergothérapeutes (ANFE) et dans certains groupes de travail liés à la gérontologie par l’Association Française des Ergothérapeutes en Gériatrie (AFEG)

Quelles sont les qualités requises pour être ergothérapeute ?

L’ergothérapeute doit avoir un bon sens relationnel avec les personnes qu’il a en charge. Nous devons faire preuve d’empathie pour des personnes parfois en grandes difficultés. Nous devons donc être compréhensifs, patients et pédagogues.
L’ergothérapeute doit également posséder un bon sens pratique pour  lui permettre d’ajuster au mieux le matériel et les solutions que nous proposons à nos bénéficiaires.
Nous devons parfois être créatifs et capables de personnaliser notre aide de façon à l’adapter à la situation de chaque patient et à ses difficultés spécifiques.

Quelles sont les problématiques auxquelles vous devez faire face régulièrement ? 

Je vois 2 difficultés principales :
– la méconnaissance de notre profession et de nos apports, par un nombre encore important de personnes.
– le non remboursement de nos actes par l’assurance maladie, qui empêche un nombre important de personnes, notamment âgées, de bénéficier de soin d’ergothérapie.

Quel est le prix moyen de vos prestations ?

A domicile, le prix des prestations est très variable. En libéral, les évaluations concernant les aménagements du domicile sont comprises entre 180 et 350€. Certaines caisses de retraite peuvent financer une partie de cette prestation.

Comment voyez-vous votre métier évoluer au cours des prochaines années ?

Le nombre des instituts de formation en ergothérapie a largement augmenté ces dernières années avec un accroissement du nombre de diplômés. L’évolution de la démographie de notre pays entraine une demande de plus en plus importante d’interventions en ergothérapie auprès des personnes âgées.